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Projet « Territoires en écritures » : retour sur la création de “Nos serments” et la résidence de Julie Duclos #2


Dans le cadre du projet européen Territoires en écritures qui associe les Célestins et le Théâtre de Poche à Genève autour des écritures contemporaines, une résidence d’artiste a été proposée à Julie Duclos, metteure en scène de Nos Serments (cf. post du 25 nov 2014).
Dimanche 1er mars, 3 habitants de Lyon sont allés à Genève après avoir lu le texte de Julie Duclos et Guy-Patrick Sainderichin, très librement inspiré du scénario du film La Maman et la Putain de Jean Eustache.
Nabila, Pascal et Jean-Louis ont été invités à écrire librement sur l’un des personnages dont le comportement les a intrigués. Julie Duclos les a alors interviewés et c’est face à la caméra qu’ils ont donné leurs impressions avant et après avoir vu le spectacle. En parallèle 3 autres villes, Genève, Besançon et Annecy mènent un projet similaire ; travail qui sera restitué sous forme d’un long métrage clôturant ainsi la résidence à Lyon.

Pascal nous livre sa vision « près des étoiles » de cette journée riche et intense !

Un Dimanche près des étoiles

Dimanche 1er mars. Place des Célestins. 11h du matin. Nous partons pour Genève avec l’équipe des Célestins. Ambiance feutrée mais conviviale dans la voiture.
Je relis une dernière fois le texte de la pièce Nos Serments de Julie Duclos et Guy-Patrick Sainderichin. Nous avions la tâche excitante et délicate de choisir une scène, de la réécrire en décrivant notre ressenti sur les personnages.
Glissant sur le ruban noir de l’autoroute, nous allons rejoindre Le Poche où un atelier d’un jour nous attend avec la metteure en scène : des interviews courtes filmées avant et après le spectacle permettront de récolter « à chaud » nos impressions. Première interview et rencontre avec Julie, souriante et dynamique. Chacun notre tour, nous lisons notre interprétation de la scène sélectionnée et puis nous échangeons, d’une manière libre et détendue, autour du texte et des personnages.
17h : début du spectacle et là, surprise ! Le public est d’emblée en osmose avec les comédiens. Réactions, rires et chuchotements remplissent la salle et galvanisent les comédiens à fleur de peau. Une belle surprise !
20h30 : 2e interview : impressions et retours sur le spectacle et la mise en scène.
Nous terminons la soirée autour d’un verre avec l’équipe fort sympathique du théâtre.
Retour embrumé sur Lyon vers minuit.
État second d’une journée bien remplie, les yeux fermés mais remplis d’images, de belles personnes et d’étoiles.

© Elizabeth Carecchio

© Elizabeth Carecchio

Dans le cadre du projet « INTERREG – Territoires en écritures »
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Nos Serments
Du 31 mars au 10 avril
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[En roue libre] #épisode 3 – Entretien avec Claudia Stavisky


Si l’on regarde l’ensemble de votre parcours, parallèlement à quelques classiques, la grande majorité de vos mises en scène s’attache à mettre en lumière des écritures contemporaines. […] Existe-t-il des différences entre la façon dont vous abordez un classique et la façon dont vous abordez un texte contemporain ?
C. S. : Non, je ne crois pas. Je pense que la meilleure façon de traiter un auteur contemporain est d’envisager son écriture comme faisant déjà partie du répertoire de l’humanité, c’est-à-dire, avec la rigueur et la tendresse que l’on accorde aux textes qui ont franchi le temps. Par ailleurs, je ne pense pas que la profondeur de la relation qui s’établit entre un auteur et un metteur en scène passe forcément par le fait que le premier soit présent aux répétitions, ou que tous deux se parlent beaucoup au téléphone, comme j’ai pu le faire, à certaines périodes de mon parcours, avec Edward Bond, Elfriede Jelinek ou Enzo Cormann. Aujourd’hui, il s’agit davantage pour moi d’une reconnaissance mutuelle qui s’inscrit dans le cadre d’un travail d’équipe : chacun étant alors à sa place, au mieux de son talent, de ses capacités.

En roue libre sera la création en France d’un texte de l’auteure britannique Penelope Skinner. Comment pourriez-vous présenter son écriture ?
C. S. : Ce qui me bouleverse dans l’écriture de Penelope Skinner, c’est qu’elle parvient, à partir d’une langue absolument quotidienne, de séquences extrêmement simples et concrètes, à faire surgir un univers grandiose, épique, un univers qui porte la marque des grandes aventures humaines d’aujourd’hui. C’est une écriture assez étrange à lire, car elle peut, si on n’y prend pas garde, facilement être assimilée à une écriture télévisuelle. Mais, dès qu’on s’y attarde, qu’on porte un vrai regard sur elle, il apparaît un niveau de construction, d’intelligence, d’humour qui balaye tous les préjugés. Une chose, d’ailleurs, ne trompe pas : lors du processus de création d’un spectacle, si une pièce n’est pas réellement profonde, au bout d’un certain temps, on se met à patiner, à faire du surplace. Or, je dois dire qu’en travaillant sur En roue libre avec les comédiens, nous sommes allés, de jour en jour, de plus en plus profondément dans les strates d’une matière théâtrale surprenante, extrêmement dense, polyphonique, politique, libre.

Comment Penelope Skinner réinvente-t-elle le féminisme dans En roue libre ?
C. S. : Sa pièce ne traite pas du tout du féminisme, elle traite des femmes, ce qui n’est pas la même chose. En roue libre, c’est l’aventure d’une jeune femme qui cherche désespérément à vivre, qui est traversée par une pulsion de vie tout à fait hors du commun. Un peu à l’instar de Nora dans Une maison de poupée d’Ibsen, Becky va réaliser, à l’occasion de sa première grossesse, une sorte de parcours initiatique. Ce parcours s’inscrit dans notre « aujourd’hui » : c’est-à-dire dans une société au sein de laquelle les femmes ont atteint un niveau de liberté généralement considéré comme important, alors que les fondamentaux féministes sont en réalité en pleine régression. Dans un voyage circulaire à 360°, elle réalisera qu’il est quasi impossible de cohabiter avec toutes les femmes qu’un seul corps peut abriter. « Il y a tant de femmes en moi, pourquoi pas une pour Lui… », dit Ysé dans Partage de midi, de Claudel.

Cette vision prend également en compte — et de façon assez crue — la question de la sexualité féminine…
C. S. : Oui, car notre époque renvoie la sexualité des femmes et celle des hommes pêle-mêle, exactement au même endroit : la performance. Or, ce parallèle est profondément pornographique. Malgré les apparences, la sexualité féminine reste aujourd’hui aussi honteuse et aussi décriée qu’elle a pu l’être par le passé. Penelope Skinner traite ce sujet avec un humour extrêmement mordant, un humour qui fait exploser tous ces clichés.

Propos recueillis par Manuel Piolat Soleymat

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En roue libre à découvrir jusqu’au 1er février 2015
dans l’écrin intimiste du Théâtre des Ateliers !

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[En roue libre] #épisode 2 – la scénographie


Alors que les répétitions d’En roue libre ont débuté il y a quelques semaines aux Célestins, nous vous proposons une petite incursion dans la fabrique du théâtre en vous présentant le projet de scénographie. Il a été conçu par Alexandre de Dardel, par ailleurs scénographe des précédentes créations de Claudia Stavisky, Mort d’un commis voyageur (2012) et Chatte sur un toit brûlant (2013).
Le voisinage artistique imaginé cette saison avec le Théâtre Les Ateliers invite Claudia Stavisky à créer En roue libre dans un espace scénique plus adapté à cette proposition singulière.

La scénographie, c’est l’art de l’organisation de l’espace scénique, grâce à la coordination des moyens techniques et artistiques au service d’une tension dramaturgique entre un espace et une narration. Le scénographe compose ainsi avec des volumes, des objets, des couleurs, des lumières, et des textures. Mais loin de copier une forme du réel, la scénographie a une valeur autant métaphorique que visuelle.

Il est précisé au début de la pièce que l’action se déroule dans 3 cottages dans un village quelque part au centre de l’Angleterre. La maison de Becky et John, dite en travaux, figure à merveille ce couple qui essuie les plâtres.
Dès la scène d’exposition, 2 espaces coexistent sur le plateau, la cuisine et la chambre. 2 espaces qui symbolisent déjà les facettes de Becky, à la fois future mère et femme adultère. L’ensemble de la scénographie va donc jouer sur cette double vie. Une tournette, élément central du décor, incarne à la perfection les errements de Becky, ses hésitations ou revirements.
Penser un décor, c’est aussi le projeter dans les théâtres de la tournée. D’un diamètre de 5m60, elle sera parfaitement adaptée au plateau du Théâtre Les Ateliers. Sur celle-ci seront positionnés des panneaux mobiles, qui ouvriront ou fermeront l’espace, simulant des fenêtres ou des portes multifonction. Ils rendront possible des cadrages de toutes sortes. L’on pourra par exemple observer Becky téléphonant un soir à Oliver, son amant, depuis la cuisine, et dans un même temps son mari, qui attend sagement sa tisane allongé dans son lit.

Tournette et panneaux mobiles : un dispositif double pour figurer la double vie de Becky (projet En roue libre)

Tournette et panneaux mobiles : un dispositif double pour figurer la double vie de Becky (projet En roue libre)

Maquette au 1/12,5e (projet En roue libre)

Maquette au 1/12,5e (projet En roue libre)

À partir d’un même pan de mur, un jeu sur les lumières et un travail de matiérage viendront affiner les détails, pour figurer tour à tour une maison en travaux et en cours d’aménagement, ou une maison propre et habitée.
Pendant tout le premier acte, des fuites d’eau et d’étranges bruits de canalisation – grondements inquiétants et incessants – dus à de sérieux problèmes de plomberie transforment la chambre conjugale en tout le contraire d’un nid d’amour, et, faut-il le préciser ?, se révèlent métaphoriques de la situation oppressante qui pousse Becky… à la fuite.

Aux antipodes de la maison d’Oliver qui apparaît à l’acte 2.
Celle-ci apparaît sous le jour d’un véritable temple de l’amour, tout en épure : la scénographie y est recentrée autour du lit, et l’idée sera d’avoir une image au premier degré de la nature (pas trop verdoyante, car c’est un été dit « caniculaire ») et d’épurer ces rendez-vous amoureux autour du lit.

Proposition de scénographie Acte 2, cottage d’Oliver (projet En roue libre)

Proposition de scénographie Acte 2, cottage d’Oliver (projet En roue libre)

Des recours à des effets spéciaux seront par ailleurs nécessaires pour simuler tuyaux qui fuient, violents orages, scènes en extérieur…
Mais comment figurer les fameuses escapades à vélo de Becky ?
Affaire à suivre…

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À découvrir du 7 janvier au 1er février 2015
dans l’écrin intimiste du Théâtre des Ateliers !

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Projet « Territoires en écritures » : retour sur la création de « Nos serments » et la résidence de Julie Duclos


© Sébastian Birchler

© Sébastian Birchler

Nos Serments*
Retour sur la création du spectacle le 14 octobre 2014 au Centre dramatique national de Besançon (Franche-Comté)

Le spectacle
L’équipe de L’In-Quarto est déjà en place sur le plateau du théâtre lorsque nous rentrons dans la salle. Comédiens vaquant à leurs occupations quotidiennes au milieu d’un décor sobre et réaliste : un appartement. Et l’on glisse doucement vers l’histoire, leur(s) histoire(s), celles des comédiens-personnages (tant ils incarnent leurs rôles). Des Amours, des rencontres, des réflexions sur la vie qui nous emportent vers l’intime. Comme un feuilleton qui se déroule, François, Mathilde, Esther, Oliwia… nous donnent à voir un spectacle entraînant, terriblement théâtral et alliant très habilement musiques et vidéos.
Point de départ de cette création portée par la jeune et talentueuse metteure en scène Julie Duclos (en dialogue avec le scénariste Guy-Patrick Sainderichin) : le film de Jean Eustache, La Maman et la putain, sorti en 1973 et chef-d’œuvre de la Nouvelle Vague. Avec Nos Serments, le collectif L’In-Quarto revisite, librement et avec beaucoup d’humour, les territoires hasardeux de l’amour et du désir tout en en réactualisant le contexte, l’expression, le débat. Comment vit-on sa relation de couple en 2014 ? Qu’est-ce que l’amour aujourd’hui ?…
Une création d’un réalisme touchant et dont on ne peut que saluer la qualité de jeu et de mise en scène.

Une résidence participative
Quelques heures ont passé depuis la fin de la représentation. Julie Duclos et Calypso Baquey (son assistante) se trouvent maintenant derrière leur caméra. Elles interviewent une spectatrice… Avant elle, après elle, d’autres encore. Comme un canevas-scénario, elles questionnent ensemble la réception de leur œuvre. Elles donnent la parole aux spectateurs afin de comprendre leur interprétation de Nos Serments, mais aussi et surtout leur appréhension des personnages, des situations, leurs visions de l’Amour, pour mieux révéler encore ce que ce texte et le film qui en est la source ont de contemporain.
Besançon aujourd’hui, et demain viendront Genève, Annecy et Lyon**. À chaque lieu ses représentations de Nos Serments, ses spectateurs et ses interviews filmées.
Les captations, mises bout à bout, artistiquement agencées par Julie Duclos et techniquement montées avec l’aide d’élèves issus d’une formation audiovisuelle, donneront lieu à la création d’un film qui sera diffusé en parallèle au spectacle en avril 2015 aux Célestins à Lyon.

 

* Spectacle initialement intitulé Du pain et des rolls
** Projet s’inscrivant dans le cadre de Territoires en écritures, de Genève à Lyon (programme Interreg France-Suisse)

[En roue libre] #épisode 1 – Début des répétitions lundi avec l’arrivée des comédiens à Lyon !


En roue libre, c’est l’histoire de 3 couples, dans 3 cottages voisins au fin fond de l’Angleterre. Enceinte depuis peu, la jeune Becky vient d’emménager à la campagne avec son mari, John. Déboussolée par cette nouvelle vie, les changements qui s’opèrent en elle et un mari trop bienveillant, la jeune femme assiste au réveil de pulsions inattendues… Au cœur de la pièce, son vélo, symbole d’une liberté tant convoitée !

Pour sa nouvelle création, Claudia Stavisky a réuni une distribution prometteuse : Julie-Anne Roth interprétera l’héroïne Becky, dans sa quête éperdue d’identité. À ses côtés, David Ayala sera Oliver, cet homme manipulateur et prêt à tout pour la détourner du droit chemin. Éric Berger, notre « Tanguy » national, sera à son aise dans le rôle de John, le mari presque trop bien sous tous rapports, et Valérie Crouzet dans celui de Jenny, à la fois confidente de Becky et prétexte à ses escapades extraconjugales. Patrick d’Assumçao incarnera le plombier, Mike, et enfin Nathalie Lannuzel fera une apparition dans le rôle d’Alice, la femme d’Oliver, fraîchement rentrée de voyage.

Les comédiens de "En roue libre"

De gauche à droite : David Ayala ©DR, Julie-Anne Roth © Julien Falsimagne, Eric Berger © A. Didi, Nathalie Lannuzel © Alan Humerose, Patrick d’Assumçao © Arnaud Perrel, Valérie Crouzet © Carole Bellaiche

Une distribution alléchante pour cette comédie savoureusement « british », qui se plait à dérouter le spectateur…

À découvrir du 7 janvier au 1er février 2015
dans l’écrin intimiste du Théâtre des Ateliers !

[OUVERTURE DES LOCATIONS : mercredi 12 novembre]
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