À l’ombre de Philippe…

Aujourd’hui je laisse le clavier à Joséphine Chaffin, stagiaire nouvellement arrivée chez nous.
Dans le cadre de son stage au service relations publiques, elle a assisté à un atelier ce matin.
Ce projet pédagogique autour de À l’Ombre a vu le jour dans le cadre d’un partenariat entre une classe APAC (à projet artistique et culturel) du collège Ampère, le Théâtre des célestins et le Rectorat.

Je vous rappelle que À l’Ombre se joue encore jusqu’à demain ! 

Marjorie, votre rédactrice.

Joséphine c’est à toi !

Ce jeudi 26 janvier, des élèves de 3e rencontrent Philippe Delaigue, le metteur en scène du spectacle À l’Ombre joué aux Célestins et écrit par la jeune auteure Pauline Sales.
Les questions des élèves jaillissent tous azimuts, de l’écriture à la direction d’acteur, en passant par la scénographie et le rapport du metteur en scène au texte. Un garçon pose une belle question : “Pauline Sales écrit-elle pour quelqu’un, comme Marianne écrit à son amant Brecht dans la pièce ?” Le mystère reste entier…
Philippe Delaigue évoque aussi le travail de scénographie pour répondre aux élèves intrigués par la confrontation dans À l’Ombre entre deux époques, les années 1930 et les années 1970. Il explique qu’il se sent concerné par des pièces contemporaines qui nous parlent du monde dans lequel nous vivons. Suite à cet échange, Philippe Delaigue dirige les élèves comme des acteurs sur des extraits du texte, en encourageant l’écoute et l’adresse entre eux. Plus la séance avance, plus les élèves libèrent leur énergie et parlent fort, s’enhardissent dans les intentions, jouent avec leur partenaire et le public. Ils tirent profit de leur travail de chant et de respiration entrepris avec Sylvain Stawski (l’un des trois comédiens) : en maîtrisant leur voix, ils découvrent les points communs entre le théâtre et le chant.
La séance se termine d’ailleurs en musique : par petits groupes, ils chantent et scandent des textes rédigés dans le cadre de leur atelier avec Sylvain, avant d’interpréter tous ensemble la Chanson des seconds couteaux. C’est pour eux une première approche de Brecht, du style ludique de L’Opéra de Quat’sous à la distanciation.
Avant de clore l’atelier, les élèves remercient chaleureusement Philippe Delaigue, et à travers lui les comédiens, pour leur gentillesse, leur engagement, et pour leur avoir permis d’apprendre sur l’écriture contemporaine, le chant, la figure de Brecht, et les différents métiers du théâtre.

À l’ombre de Pauline

Je vous parlais récemment de Nathalie Fillion et de sa pièce À l’Ouest.
Cette semaine une autre auteure contemporaine est à l’honneur.
Il s’agit de Pauline Sales.
Sa pièce, À l’ombre, mise en scène par Philippe Delaigue est à découvrir dès demain dans la Célestine.


La pièce
À l’ombre met en scène trois collaborateurs de Bertolt Brecht : Marianne, Hans et Walter, librement inspirés de certains compagnons de route du grand dramaturge (Ruth Berlau, Margarete Steffin, Hanns Eisler mais aussi Walter Benjamin).
La pièce commence en RDA dans les années 70, dans l’ancien atelier d’écriture où quelqu’un (enquêteur, agent de la Stasi, universitaire, double de l’écrivain, représentant du public ?) vient questionner les trois protagonistes à propos d’un opéra non signé, L’Opéra des ombres. On les retrouve alors en 1932 dans ce même atelier en train d’écrire ce texte alors que Brecht est absent. Opéra parodique de la forme brechtienne (notamment de L’Opéra de quat’sous) où trois personnages — le rabatteur, l’amoureuse et l’observateur — racontent les rapports complexes faits d’admiration, de passion, de jalousie et d’aliénation qui les unissent à l’écrivain.
Comment parler de ce statut si particulier de collaborateurs artistiques à l’ombre d’un grand homme ? Comment évoquer cette forme de servitude volontaire où l’on est à la fois révélé et assujetti par un être ?
Sur fond de montée du nazisme, la pièce de Pauline Sales questionne ces relations dévorantes chez des êtres emportés dans la passion du monde et pris dans l’urgence de la lutte politique.

À noter : une rencontre avec l’équipe artistique est prévue jeudi 19 janvier à l’issue de la représentation.

Marjorie, votre rédactrice.

“À l’Ouest”, la parole est à l’équipe artistique !

Après les comédiens, au tour de l’équipe artistique de s’exprimer.
Tout d’abord, voici le teaser de présentation des protagonistes de la pièce par Nathalie Fillion.

Et maintenant, voici les réactions de l’équipe de création suite la photo prise lors de la répétition du 7 décembre (cf post précédent) !
Ils n’existaient pas, flottaient dans l’air du temps, ils m’ont traversée, se sont arrêtés sur la page, ont fini de s’y dessiner, et puis les voilà aujourd’hui, dans leur énergie, leurs énigmes, leur beauté – dans le corps de ces acteurs-là, exactement. Nathalie Fillion, auteure et metteure en scène
Un octuor vif et vibrant aux couleurs métissées et à la virtuosité débridée, le Lebas’ Family Band ce soir dans votre ville ! Christophe Sechet, créateur sonore
8 x 2 regards plongés dans le miroir qui relie la réalité et la fiction. Marc André Brouillette, collaborateur artistique
Quand on parle d’argent dans ce pays personne ne dit la vérité in A l’Ouest Nathalie Fillion, par Denis Desanglois, éclairagiste
Si la photo est bonne, c’est qu’ils paient de leur personne… Les voilà, avec leurs apparences, leur conscience et impatience parce que tout va vite, qu’il faut garder le rythme… Ouais trop cool la famille Lebas. Marieva Jaime-Cortez, assistante à la mise en scène
Tout ce que vous faites est musique. Un contre temps est rythmiquement aussi précis qu’un temps fort. Tout doit s’inscrire dans le temps. Jean-Marc Hoolbecq, chorégraphe
Mais où est passée la mer ? Charlotte Villermet, scénographe-costumière

À l’Ouest
de Nathalie Fillion
Du 13 au 21 janvier

“À l’Ouest”, la parole est aux comédiens !

Aux Célestins, 2012 commence par la création d’une auteure que nous soutenons particulièrement, Nathalie Fillion.
Elle a déjà présenté Alex Legrand aux Célestins dans la Célestine.
Cette fois-ci, c’est dans la Grande salle qu’elle nous fera découvrir À L’Ouest, une pièce mordante dressant un portrait de notre époque.

Voici la photo de famille faite en répétition le 7 décembre dernier au Théâtre du Rond Point, Paris…

Et voici les réactions des comédiens à partir de cette photo…
Je déblogue, je déblogue.
Jean-Claude Durand (Richard Lebas das la pièce)
Et voilà ce que c’est de perdre le Nord. Carole Malinaud (Anca)
L’argent acquiert la propriété de créer de la valeur tout aussi naturellement que le poirier porte des poires. Citation attribuée à Karl Marx. Il faut que je le dise à maman ! Olivier Cruveiller (Jean Lebas)
Famille sacrées gueules. Trouver le chemin du sourire… Estelle Meyer (Julie Lebas)
Estelle triche ! On n’avait pas le droit de sourire !  Hubert Lemire (Louis Lebas)
Je vous vois venir tous les deux tous les trois tout le monde là. Je n’ai pas PLEIN d’argent. Pas plus que lui. Pas plus que moi. Pas plus que plein de gens dans ce pays. Une retraite correcte, quelques placements, un p’tit matelas, pas le bout du monde vraiment. Tout le monde est propriétaire. C’est héréditaire. Et ceux qui ne le sont pas ne pensent qu’à ça. Ils votent pour en tous cas.in À l’Ouest Nathalie Fillion, par Laurence Février (Madeleine Lebas)
Du rythme, du rythme, du rythme, oui mais tout en vrac. Manon Kneusé (Adeline)
Ok. Je sens que je pense là. Où je pense que je sens. Bref. Ismaël Tifouche Nieto (Adel)

À l’Ouest
de Nathalie Fillion
Du 13 au 21 janvier

Belle et heureuse année 2012 à toutes et tous !